Exposition collective : Le Nouveau Monde Industriel
Commissariat : Nicolas Bourriaud
Lieu : Galeria Continua
Date : 2016
Production : Galleria Continua - Les Moulins

Installation : Sol
Matériaux : 9 caissons en bois, techniques mixtes, peinture pour tableau velleda, vidéo HD

Avec :
aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii, Bianca Argimon, Renaud Baur, Io Burgard, Lorraine Châteaux, Arnaud Dezoteux, Mimosa Echard, Benjamin Efrati, Raphaël Fabre, Éléonore False,Arthur Fléchard, Mathilde Ganancia, Hélène Garcia, Benjamin Magot, Charlie Malgat, Mazaccio & Drowilal, Enzo Mianes, Vivien Roubaud, Kevin Rouillard, Loup Sarion, Mathilde Supe

Extrait de l'article d'Ingrid Luquet Gad pour Les Inrocks , “Comment vit, travaille et (co-)produit un jeune artiste français en 2016 ” :

Regroupant une vingtaine de jeunes artistes français, l’exposition Le Nouveau monde industriel transpose à l’ère du co-working les réflexions communautaires du socialiste utopique Charles Fourier.

Nicolas Bourriaud, commissaire de l’exposition, revient avec nous sur les nouveaux mondes de l’art contemporain en France. Entretien. Peut-on encore parler de scène dans un monde globalisé et polycentrique ? Et dans le cas de la France et de son hypercentralisation, parler d’une quelconque scène française ne reviendrait-il pas à parler d’une scène parisienne ? Que faire, ensuite, de ces autres formes de regroupements plus informels, la communauté qui se forme à l’échelle d’un bâtiment (l’école, le bureau) ; ou encore les liens de co-working ou de colocation ?

Pour tenter d’apercevoir un début de réponse, il faut accepter de se décentrer. A une heure de Paris, à la Galerie Continua Les Moulins, le critique d’art, commissaire d’exposition et ancien directeur des Beaux-Arts de Paris Nicolas Bourriaud a regroupé une vingtaine de jeunes artistes. Ensemble, ils ont réfléchi à ce que pourrait donner la transposition à l’ère du co-working de l’idée de communauté telle qu’on la trouve chez le pré-socialiste Charles Fourier. Le résultat prend la forme d’une exposition composée d’oeuvres produites spécifiquement pour l’occasion : Le Nouveau monde industriel. Parler d’art, c’est parler de lieux. Le critique d’art Brian O’Doherty rappelait ainsi que “si l’art a des conséquences culturelles [...], c’est bien sur notre conception de l’espace et du temps”. Cette formule est extraite de son ouvrage séminal consacré au white-cube, regroupant quatre de ses articles rédigés entre 1976 et 1981.

Or à présent, ce sont les artistes nés à l’époque de l’écriture de ces articles que l’on retrouve dans Le Nouveau Monde industriel. Leur monde, et leur rapport au temps et à l’espace, a changé. L’occasion alors d’évoquer avec Nicolas Bourriaud les nouveaux mondes de l’art contemporain en France – et d’apercevoir à l’horizon les contours d’une alternative artistique à Paris qui se dessine au sud de la France, qu’il travaille activement à faire émerger d’ici peu.